J06 - Guelmim-Boujdour (Les portes du Sahara occidental)
Négociation de pneus, remplissage des jerricanes d’essence et d’eau, nous nous préparons pour un long voyage solitaire…
Plus nous descendons au sud, plus la chaleur se fait sentir et plus le rythme semble calme. Entre sable et montagne, à 10h30, Guelmim se réveille. Avenue large, terrasses propres, la ville donne une impression de neuf, d’inutilisé. Les rues parallèles sont déjà plus populaires. Le style vestimentaire évolue aussi avec les kilomètres. La djellaba laisse place au boubou mauritanien, avec sa poche « fourre-tout » !
Au milieu de ce vacarme, un âne traverse, imperturbable. Un jour de noël au Maroc, un jour comme les autres, sans artifice.
Hier, veille de noël, encore une belle leçon d’accueil. Cette fête familiale loin des nôtres se sera déroulée avec un père noël franco-marocain ! La prévision du Gewurztraminer et du foie gras à la frontale après le montage des tentes s’est soldée en buffet royal dans l’enceinte du camping international de Guelmim, entouré de marocains fumant le narguilé avant la tajine.
Petite borne sur la route : Tan-Tan 38km. Le tournant est fait malgré la route sans virage : rien ! Rien que des petits buissons secs. Seul camarade de route : les poteaux électriques. Progressivement, la montagne laisse place aux dunes. Après l’appréhension du désert, place aux sourires. La gendarmerie est toujours aussi accueillante. Exemple : « Bonjour, votre profession ? » « Coordinateur de projet de développement. » « … (incompréhension)…Ok, soyez les bienvenues. »
Pic-nic à Laâyoune : nous attirons beaucoup les enfants, jeux, cris, se sont les grands frères qui ramènent le calme. Première pause dans le désert, les villes sont très particulières. Ni chaleureuse, ni vide, mais aucune impression de durée. La ville et la vie semblent éphémères, il est difficile de s’imaginer que les gens vivent à l’année ici.
Boujdour, 300 km plus loin, même impression. Une ville fantôme, en plein essor économique parait-il. Vérification de l’info que nous avions eue avant de venir : « Ici, tout est près pour l’accueil des touristes, mais ils ne sont jamais venus… ». Beaucoup de point internet, une avenue 2x3 voies, des cafés, etc. Vers 1h du matin, l’heure est à la fête, nous entendons les youyous et la derbouka, c’est un mariage.
Le sahara occidental est, en apparence, une vie en autarcie. Car en fait, tout ou quasiment est importé, et ce qui se trouve ici est exporté. Si tu as du Gazoil, tu peux avoir de l’eau, si t’as du gazoil, tu peux avoir à manger, etc. Sans essence, plus de vie. Alors, chaque chose prend une importance inconsidérable, car chaque chose est nécessaire et irremplaçable. Au pays du thé à la menthe, le thé s’avère une denrée rare et recherchée. Idem pour les voitures, radio, portable, très à la mode.