J11 - Rosso (frontière Mauritanie-Sénégal)
Ce matin, nous sommes partis de très bonne heure... Nous avons une quantité indéfinissable de kilomètres à parcourir et ce, avant 18 heures si nous voulons passer la frontière ce soir, ce qui serait bien, nous avons déjà accumulé un jour de retard.
La route est difficile : une longue ligne droite. Au mieux, du goudron. Sinon, la piste, ça fait mal au fesses et aux amortisseurs de la voiture !
Pour pimenter un peu cette monotonie d'absence de paysage, une tempête de sable. Ca nous rapelle nostalgiquement la neige. Le sol, le ciel, tout se confond, tout est blanc. Nous allons vers nulle part.
Mais peu à peu le sable se roussit, des arbustes apparaissent, le ciel s'éclaircit. Des animaux pointent le bout de leurs poils. Nous retournons vers la vie. Nous sentons arriver le fleuve Sénégal, les espaces se verdissent, les villages prennent vie. La route n'en reste pas moins délicate, il arrive souvent que des chèvres la traversent en courant. Des chèvres, ça va. Un dromadaire, c'est plus embêtant. Un âne, c'est carrément galère : il reste stoique au milieu du goudron, il faudra longuement klaxonner pour finalement quitter la route et rouler dans le sable. Bien posé, les sabots de l'animal ne bougeront pas d'un millimètre !
Puis une nouvelle transformation de paysage, inérante à l'activité humaine. Des tonnes et des tonnes de déchets, poubelles et sacs plastiques de toutes les couleurs gisent sur le bord des routes. Une décharge publique à grande echelle. Des images choc à diffuser contre la pollution ! et par-ci par-là des hommes et des enfants qui fouillent, à la recherche de quelque chose à récupérer, pendant que les chèvres se nourrissent du plastique. Il n'est pas rare de voir un âne étendu au sol, mort.
Le temps passe et nous arrivons enfin à la frontière. Pour traverser le fleuve et rejoindre Rosso au Sénégal, nous devons emprunter le bac. Dernier départ à 18 heures. Il est cinq heure moins le quart, ca laisse du temps. Mais les mauritaniens ne l'entendent pas ainsi, nous pensons qu'ils ont dans la tête de nous retenir au maximum pour nous forcer à prendre un hôtel sur place... Pas de bol, nous installerons la tente devant la douane.
Mais plus tard dans la nuit, nous apprendrons que nous pourrons finalement faire la traversée le soir même, un bac a été réservé par un officiel de Nouakchott, qui se rend en pèlerinage à Touba au Sénégal, pour les obsèques du grand marabout d'Afrique qui vient juste de rejoindre ses ancêtres.
C'est ainsi qu'au petit matin, nous apercevons Saint-Louis du Sénégal. Nous y dormirons le restant de la nuit et une grande partie de la matinée, à la Louisianne, hôtel tenu par Marcel, un ami de Véronique.